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MEDECINE DE VOYAGE: FORMATION, INFORMATIONS ET OUTILS INFORMATIQUES A L’INTENTION DES MEDECINS ET PHARMACIENS SUISSES

Interview avec le Professeur Robert Steffen, responsable de la Division des maladies transmissibles à l'Institut de Médecine Sociale et Préventive de l'Université de Zurich, Centre collaborateur de l'OMS ainsi qu’auteur de Tropimed®, base de données pour les professionnels de médecine de voyage.

La prévention ainsi que la prise en charge des maladies susceptibles d'être contractées lors d'un voyage sont toujours plus d’actualité. La grippe aviaire ou encore la fièvre Chikungunya ont sans conteste contribué à l’inquiétude des voyageurs vis-à-vis des risques sanitaires liés à certaines destinations. Les patients sont donc nombreux à solliciter leur médecin traitant ou leur pharmacien avant de s’adresser, le cas échéant, à un centre de vaccination.
Face à cette nouvelle demande, existe-t-il des sources d’informations et de formations fiables et spécifiques pour les professionnels de la santé qui souhaitent se spécialiser dans le domaine? Et comment s’orienter dans la pléthore d’informations médicales proposées sur internet?


1. Une récente étude [1] effectuée par l’Institut Tropical Suisse montre que lorsqu’il s’agit de fournir un conseil personnalisé en médecine de voyage, les agences de voyage orientent leurs clients vers le praticien et le pharmacien respectivement dans 38% et 16% des cas. Il est ainsi évident que ces deux professions ont un rôle à jouer. Quel est votre sentiment?

Ces chiffres m’ont fait plaisir même s’ils sont encore loin de l’idéal des 100%. Au moins une partie des agences de voyage a compris que lors de la réservation d’un voyage à destination d’un pays en développement, l’orientation du voyageur vers une structure qui le conseillera en médecine de voyage reflète un service de toute première qualité. Il y a encore une vingtaine d’années, les agences de voyage étaient convaincues qu’un tel conseil dissuaderait les futurs voyageurs de partir. Les jugements rendus dans d’autres pays européens ont toutefois mis en évidence qu’une agence de voyage n’a pas la compétence de donner des conseils détaillés ; elle peut cependant orienter le voyageur vers des structures compétentes en médecine de voyage.

[1] J Travel Med 2006; 13: 294-299


2. La médecine de voyage est une spécialité interdisciplinaire qui ne se limite pas à la médecine tropicale et aux maladies infectieuses. Existe-t-il des formations spécifiques que vous recommanderiez aux médecins et pharmaciens qui souhaitent acquérir plus de compétences en la matière ?

C’est exact, la médecine de voyage ne se limite pas aux maladies infectieuses. Prenons exemple sur les personnes pratiquant la plongée sous-marine ou le trekking en haute altitude, qui devraient également bénéficier de conseils appropriés. Par ailleurs, il faut garder en mémoire que la plupart des décès de voyageurs sont dus à des accidents. Dans ce domaine interdisciplinaire qu’est la médecine de voyage, une formation continue touchant un grand nombre de domaines est plus que nécessaire. En Suisse, cette formation est dispensée au cours de nombreux petits séminaires de formation destinés aux médecins et aux pharmaciens. De plus, à l’étranger, se tiennent annuellement de grandes conférences de plusieurs jours axées sur les dernières nouveautés en matière de médecine de voyage. Des cours d’une semaine pouvant notamment servir de préparation à un examen sont proposés par l’Institut Tropical Suisse à Bâle, ainsi qu’en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.


3. La pratique de la médecine de voyage est un domaine en constante évolution. Sa maîtrise dépend de connaissances qui doivent être constamment actualisées. Dans quelle mesure les informations proposées sur Internet peuvent-elles satisfaire ce besoin ?

Dans notre centre dédié à la médecine de voyage, une de nos collaboratrices consacre une grande partie de son temps à rechercher les sources d’informations sur internet. Chaque semaine, cette collaboratrice transmet ces informations, si elles sont pertinentes pour le futur voyageur, aux abonnés de Tropimed. En outre, quatre fois par an, elle soumet ces informations à l’office fédéral de la santé publique, qui les publie dans le bulletin BAG.


4. Il suffit de saisir les mots «médecine de voyage» dans n’importe quel moteur de recherche pour prendre conscience de la quantité d’information qui est proposée sur internet. Comment s’orienter ? Y-a-t-il des astuces pour retrouver et reconnaître une information de bonne qualité?

Je tiens à souligner encore une fois que les premières causes de décès des suisses dans le tiers-monde ne sont pas les maladies infectieuses, mais les accidents de la circulation et de baignade. Les maladies infectieuses peuvent être prévenues par la vaccination ou par des médicaments préventifs. Parmi les maladies qui menacent les voyageurs dans les pays en voie de développement, c’est clairement la rage qui est la plus dangereuse. Une fois les symptômes apparus, les chances de survie sont nulles. Elle peut être prévenue par trois doses de vaccin avant le voyage ou par un traitement immédiat administré dans un grand centre médical aussi rapidement que possible après la morsure du chien ou le contact suspect avec un animal.

Le paludisme est également souvent dangereux. Environ 300 cas sont rapportés chaque année chez des suisses, mais compte-tenu du nombre de cas non déclarés, on estime qu’il y a environ 700 suisses touchés par le paludisme chaque année. La Suisse compte aussi quelques décès dus au paludisme chaque année, par contre le nombre de personnes déjà décédées à l’étranger est inconnu.


5. Mis à part les informations en provenance des organisations officielles telles que l’OMS ou le CDC, existe-t-il d’autres sources fiables ?

L’organisation mondiale de la santé publie chaque année le manuel „International Travel and Health“, que l’on peut également télécharger sur internet. Il s’adresse tout particulièrement aux professionnels de la santé ; il fournit des directives relativement générales plutôt que des recommandations très spécifiques destinées aux voyageurs pour une destination donnée. En revanche, les „Centers for Disease Control and Prevention“ à Atlanta donnent des recommandations très précises et détaillées qui ne sont pas toujours conformes aux recommandations suisses ou européennes (voir ci-dessus).


6. Depuis plus de 10 ans, vous êtes l’un des auteurs de Tropimed, un des sites les plus appréciés par les professionnels de la santé. Pourquoi avez-vous décidé de participer à ce projet et comment expliquez-vous son succès ?

Après la naissance de la médecine de voyage, un nombre croissant de collègues suisses et étrangers m’ont demandé conseil. C’est pourquoi, il m’a paru pertinent d’élaborer un instrument destiné aux médecins et aux pharmaciens, qui fournit en permanence toutes les informations les plus récentes nécessaires aux voyageurs à destination des pays en développement. J’avais deux exigences spécifiques : le projet devait être rentable financièrement et publier les informations dans les plus brefs délais. Tropimed remplit à merveille ces deux conditions. Un autre point qui nous était cher, à moi et à mes collègues, était de donner accès aux informations nécessaires au grand public, ce qui est maintenant possible grâce à www.safetravel.ch.